Le monument dédié aux infirmières de la Grande Guerre

 

Cimetière de Berck-sur-Mer.

En arpentant les allées du cimetière de Berck-sur-Mer, à la recherche de la sépulture d'un proche, j'ai été intrigué par la blancheur de ce monument qui tranchait avec l'ambiance de ce lieu. Il n'en fallait pas plus pour que ma curiosité se trouve sollicitée.

Après la Première Guerre mondiale, les commémorations ont essentiellement valorisé les soldats morts au combat. La mémoire collective n'a guère attribué d'importance, pourtant largement méritée, aux femmes et en particulier aux infirmières. Ces monuments ont donc été réalisés afin de corriger cet oubli et mettre en valeur leur rôle indispensable durant le conflit. Une manière de reconnaître leur courage, leur abnégation et leur humanité trop souvent restés dans l'ombre des « poilus » ! Ces témoignages de reconnaissance émanaient de soldats survivants ayant bénéficié de leurs soins, de familles de blessés qui désiraient remercier publiquement celles qui avaient soigné, accompagné, sauvé les hommes au front. Ce besoin de reconnaissance provenait bien souvent d'un mouvement populaire plus que de décisions militaires ou politiques.

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Bien qu’ayant longtemps œuvré dans l'ombre, la Grande Guerre a vu les infirmières jouer un rôle essentiel et parfois héroïque, travaillant dans des conditions difficiles et dangereuses, aussi bien au plus près des combats que dans les hôpitaux à l'arrière. Celles-ci provenaient de différents milieux. Pour certaines, ces infirmières étaient déjà professionnelles de santé et diplômées, issues des hôpitaux civils et militaires. Beaucoup étaient volontaires, souvent formées en urgence par la Croix-Rouge. Il y avait également de très nombreuses religieuses. Les militaires leurs avaient attribué ce surnom affectueux « d'Anges Blancs ». Leurs missions étaient innombrables et on les rencontrait aussi bien à proximité du front dans les hôpitaux de campagne qu'à l'arrière, ou encore dans les ambulances, les trains et les navires hôpitaux. Elles étaient présentes sur tous les fronts et également partout sur le territoire. On les retrouvait aux côtés des médecins et des chirurgiens, afin de les assister lors des pansements, des traitements d'urgence, des sutures et des amputations. En arrière, dans les hôpitaux, elles assuraient leurs missions premières, les soins et le traitement des blessés, mais aussi le suivi post-opératoire. Leur présence réconfortante auprès des blessés, face à leurs douleurs, la solitude et la mort, était essentielle. Loin de se cantonner à des tâches médicales, elles géraient également la propreté, la désinfection, la literie ou le rationnement. Leurs conditions de travail étaient souvent éprouvantes, voire épouvantables. De longues heures de travail sans relâche, sans pauses, confrontées à de lourdes épreuves psychologiques qu'étaient les mutilations, la souffrance et les morts quotidiennes des patients.

 

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Derrière les zones de combats, elles étaient elles aussi confrontées aux bombardements ; à cause du manque d’hygiène, des maladies comme la grippe et le typhus, elles n'étaient pas à l'abri des contaminations.

Durant tout le conflit, on comptait environ 100 000 femmes surnommées les « Anges Blancs ». Parmi elles, 30 000 étaient infirmières et 70 000 bénévoles au service de l'armée. 350 d'entre-elles ont payé de leurs vies leur engagement. D'après la Croix-Rouge, 105 d'entre-elles périrent sous les bombardements ou lors d'attaques. 246 ont succombé à la maladie, telle que la tuberculose. Et ce sont 2 500 qui seront blessées.

Le monument qui les honore à Berck-sur-Mer a été inauguré en novembre 1924.

C'est au travers de l'Association des Anciens Combattants de Berck-sur-Mer, à l'initiative de son président Lucien Duvet, que celui-ci a été réalisé par un artiste, un certain Robert Jourdain de l'Etoille. Il est situé dans le carré militaire du cimetière communal, qui regroupe environ 242 tombes de soldats morts pour la France.

Dominique RESSE (2 août 2025)

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